Chapitre 4 : Le cadeau pourri
Je n’ai pas bien dormi la nuit suivante. Et alors que d’habitude j’adore aller à l’entrepôt, là, j’y suis allée en trainant les pieds.
Nous avons été accueillis comme des vedettes là-bas. Le patron est un grand copain de maman. Il a projeté ses deux films en avant-première et ils ont organisé des expositions ensemble.
Le film, l'île de Blackmor, une histoire d'orphelin en fuite et de pirates, était bien et ça m’a un peu distraite. Et Emile, a adoré. Lorsque nous sommes sortis, il y avait un message de maman, elle avait appelé pendant que nous étions en séance. Elle avait demandé qu’on ne nous dérange pas :
« Je vais bien, ne vous en faites pas. Débrouillez vous encore ce soir. Marie sera là demain».
Elle n’avait pas laissé de numéro, rien, la communication était épouvantable « je me demande d’où elle pouvait bien appeler, c’était dingue » a commenté le messager.
Dans le bus du retour, j’ai essayé de convaincre mes sœurs que non ce message n’était pas forcément rassurant. Ca ressemblait beaucoup à un message codé comme ceux que la BBC diffusait pendant la guerre .Elle m’avait fait voir quelques jours avant un film qui s’appelait « Je vais bien, ne t’en fais pas » et où justement ça n’allait pas bien du tout.
Rien à faire, même Caroline ne voulait pas s’angoisser. Elle n’avait pas vu le film, elle. Pas de son âge avait dit maman.
- Ecoute maman a téléphoné deux fois, si elle avait été enlevée, elle ne pourrait pas nous appeler-Tu étais à côté de moi, tu as vu toi aussi. Les ravisseurs veulent sûrement nous endormir pour qu’on ne cherche pas. Et le pire c’est que ça marche. Lola, je comprends, elle plane toujours, mais toi !
Lola s’est fâchée :
- Et dis donc Elise, ça serait bien que tu arrêtes de me prendre pour une idiote !
Et Caroline m’a balancé un coup bas :
- Tu te fais encore un film Elise, ça va faire comme l’internement.
Je ne leur ai plus dit un mot et je ne suis sortie de ma chambre qu’au moment du repas qu’ils avaient préparé sans moi : maïs en boite, jambon, fromage et fruits. Heureusement qu’on avait bien mangé le midi.
Le soir à 20 heures 30, c’est une grosse sarbacane qui apparut et projeta dans le salon une boulette de papier avec écrit dessus « le cadeau de ce soir est sous le lit de Lola »
Nous avons regardé sous le lit de Lola
..
Et là, nous étions tous furieux. |
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