Chapitre 3 : Le calendrier infernal Elle renifla. Elle était pâle, tremblotante, toute rouge, dépeignée et les habits en bataille alors que d’habitude, elle avait l’air prête à poser pour des photos de mode même après une journée entière d’école, cantine, goûter et étude compris. Il est pas là ton père ? Elle se mit à pleurer encore plus fort. Donc, elle n’était pas censée être là, mais chez Anastasia. Elle devait y diner et son père devait passer la prendre après. Mais elle s’était disputée avec Anastasia et elle avait décidé de rentrer chez elle. Ca avait du drôlement chauffer pour qu’Alice ne respecte pas le programme établi parce que son père ne supportait pas ça. Il ne supportait pas non plus qu’Alice reste seule même plus de cinq minutes et encore moins qu’elle vienne chez nous. Ca, ça nous arrangeait parce que nous on ne supportait pas Alice. Alice en remontant la rue Gazan, avait vu un chat dans une voiture qui sortait du pavillon Montsouris. Un chat exactement comme Zébulon enfermé dans un panier sur la plage arrière et qui miaulait avec l’air très malheureux. Elle avait été étonnée car Zébulon, son chat ultra chic était d’une espèce très rare, un persan chinchilla s’il vous plait. Par quel miracle ce chat avait-il hérité d’un nom normal, je me le demandais bien. Elle s’était sentie inquiète aussi. Je n’ai pas eu le temps de l’interroger plus pour savoir à quoi ressemblaient les ravisseurs et leur voiture, la sonnette a retenti et mister super strict version furax est entré dans l’appartement. Il était calme, il est toujours calme, mais nous nous sommes arrêtés de respirer jusqu’à ce qu’il sorte avec Alice. Je ne l’aime pas, mais je la plaignais. Je nous plaignais aussi. Mais malgré la gravité de la situation, les petits n’avaient qu’une idée en tête, le calendrier de l’avent. Leurs cris m’arrachèrent à ma rêverie. La chose était décidément très bizarre, pas moyen de l’ouvrir et d’en tirer quoi que ce soit. L’enlèvement de maman n’avait pas bouleversé les petits, mais l’hermétisme du calendrier les désespérait. Il était 20 heures trente, nous étions un samedi. Nous aurions du être très heureux et nous avions tous envie de pleurer. Nous avons poussé un hurlement de terreur. Un des bouts du bidule s’était ouvert, un petit oiseau en était sorti portant le chiffre 1 sur ses ailes et dans le bec un petit fil dont pendait une enveloppe qu’il avait laissée tomber par terre en faisant coucou. Emile s’est jeté dessus, a éventré l’enveloppe : des billets pour aller au cinéma à l’entrepôt le lendemain après-midi. Il a filé se laver les dents et se coucher de déception. Il espérait avoir des legos. Elle avait ajouté un petit mot « Allez bruncher là-bas avant la séance, j’ai déjà payé vos repas et réservé à 12 heures trente. Bises. Enjoy, la mama." |
|