Chapitre 2 : L'enlèvement de Zébulon Nous avons fini par renoncer à faire parler Emile, il a filé dans la chambre de maman et a poussé un grand cri « faut venir m’aider » Maman avait fait encore plus fort que d’habitude. C’était louche. Elle n’avait pas pu faire ça toute seule. Elle ne manquait pas d’idées, ça non. C’était même une grande partie de son métier d’avoir des idées que les autres n’avaient pas. Elle était assez douée de ses mains aussi, mais il ne fallait pas lui demander d’utiliser une scie ou une perceuse. Et là, ce truc qui ressemblait à la fois à la maison Hundertwasser et à un arbre de noël, non seulement il avait fallu scier et percer, mais c’était quelqu’un de très compétent qui l’avait fait. Et nous devinions qui et ça ne nous faisait pas plaisir. Le bidule qui mesurait à peu près deux mètres était posé sur une planche à roulettes. Nous avons ouvert les deux battants de la porte et poussé le truc dans le salon. Il avait forcément été monté en pièces détachées et assemblé dans notre maison. Non seulement, maman continuait de le voir, mais elle l’avait fait monter chez nous. Il n’y aurait eu que moi et Caroline, le truc on l’aurait laissé dans sa chambre et on n’y aurait pas touché mais Emile poussait des cris enthousiastes et Lola avait le même air que devant une religieuse au chocolat. Ils avaient totalement oublié que notre mère venait de se faire enlever sous nos yeux. Emile c’était normal, il n’était pas là, mais Lola si. Ils ne pensaient qu’à une chose. Le moment où il déballerait leur surprise du soir. Donc maintenant ils me harcelaient pour que l’on mange tout de suite. Parce qu’il y avait une règle sacro-sainte édictée par maman. Le calendrier de l’avent après le diner : Je suis donc allée dans la cuisine préparer des pâtes et Caroline m’a accompagnée pour mettre le couvert. Nous avons discuté de la situation. Elle était inextricable. Tante Marie, la jeune sœur de Maman, encore plus rétrograde et rigide que sa mère. Avoir vu enlever sa mère sous ses yeux était épouvantable, mais devoir se faire aider par elle, c’était l’horreur au carré. Tante Marie était organisée et son répondeur nous informa qu’il ne nous serait pas possible de la joindre avant le lendemain à partir de 19 heures trente. Après un diner pas terrible mangé à toute vitesse, les petits s’apprêtaient à filer au salon lorsqu’un coup de sonnette terrible nous fit tous sursauter et un deuxième encore et un troisième. Nous étions tétanisées mais pas Emile et il fila ouvrir la porte. Ca n’était pas tout à fait vrai. L’abominable, exécrable, insupportable, exaspérante, horripilante Alice, la fille du sinistre voisin du dessus, entra en trombe dans notre appartement et nous apercevant dans la cuisine se rua vers nous. Elle sanglotait et hoqueta |
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